• Les divagations étymologiques du Professeur Seur

    Bonjour, petits sacripants !

    Calez-vous bien dans votre siège et préparez-vous à d'édifiantes leçons d'étymologie.

    Note de l'assistant du professeur Seur : les exposés mélangent vrai et faux, alors ne prenez rien pour argent comptant !

    Bonne lecture,

    Professeur Seur.

    P.S. Faites un tour par mon Dictionnaire éthylique !

  • Boudin : du latin botulus, "boyau", qui dériva plus tard en botellius, le boudin est une charcuterie confectionnée à partir du sang de la victime, souvent porcine, ce qui fait que les fils d'Allah sont doublement enclins à éviter cette cochonnerie (promis les amis, après boudin j'arrête les mots cochons). C'est peu du caca de vampire, si l'on réfléchit bien.

    Au plus grand plaisir d'Amatus Cesairus Sangabwanus, ce mot ne contient pas de "r". Cicé'on lui foutait alors la paix.

    L'étymologie susnommée est assez floue, et maintes fois contestée. Il se pourrait bien qu'il vienne d'une onomatopée, bod, qui exprime un renflement. Après tout, beaucoup de choses viennent d'une onomatopée, les cris d'animaux, "taper", "esbroufe"... On a même de très beaux mots qui viennent du néerlandais, comme "flibustier" ou bâbord" et "tribord", c'est dire... (je rigole, amis du Nord, je chéris la langue de Vondel). Bod se retrouve dans le mot "boursoufflé".

    Le boudin ne désigne cependant pas que cette pièce de charcuterie, qui cuite avec des raisins se révèle absolument succulente, mais aussi tout ce qui de près ou de loin à un corps présentant un caractère enflé. Ainsi le boudin désigne-t-il également une corde épaisse attaché tout autour du bateau dans le vocabulaire marin. Ce qui permettait aux marins de se consoler à la manière des adolescents en soirée en se disant que si les jolies filles n'étaient plus là, il restait un boudin de secours, qui en plus se faisait une joie de faire le tour du navire.

    "Boudin" cache également le signifié d'une mèche grossière qui permettait aux mineurs de mettre le feu à une mine. Notons que cette mèche porte également le nom du "saucisson", ce qui montre l'importance du cochon dans la culture minière, comme le montre si joliment la chanson de Bachelet ; Au Nord, c'était le cochon.

    Un autre sens peut être ici dévoilé dans la biographie de Louis XIV, écrite par Marc Lévy : L'étrange voyage de Monsieur Louis. Un monument de qualité littéraire dont je vous livre un extrait ;

    Louis allait le long du couloir, ses pensées divaguant comme divague quelque chose qui divague beaucoup. Il pensait à sa vie qui était tellement riche mais tellement torturée. Lully, son mignon et hétérosexuel chef d'orchestre, arriva pour lui signaler que de nouvelles filles arrivaient, parce qu'en ce temps-là, les dirigeants des pays c'était rien que des vilains qui se tapaient de pauvres filles qui avaient rien demandé, fragiles boutons de rose au crépuscule.

    " Voici Aliénor du Morbihan, mon Roy, dit-il en orthographiant bizarrement roi.
    - Lully, je vous avais demandé d'aller chercher ce nouveau modèle de perruque, hier, non ?
    - Oui, monseigneur, une perruque à boudins.
    - Alors pourquoi m'amenez-vous un boudin à perruque ?"

    Comme nous le voyons dans ce dernier petit du futur membre de l'Académie Française, le boudin signifie également une partie de perruque.

    Boudin veut aussi dire de manière assez vulgaire et injurieuse une fille qui n'a pas le physique facile. Mais je me refuse à faire des blagues pour la raison que Gainsbourg invoque : La beauté cachée des laids se voit sans délai.

    Comment ça, j'ai déjà fait ces blagues ? Eh bien prenez-les avec humour, mademoiselle.

    Scandaleux.



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  • Porc : le mot "porc" vient du latin porcus, dérivant lui-même du grec porkos. Des fois je ne sais pas quoi dire devant ces imbéciles qui pensent parler latin en rajoutant des -us à tout bout de champ, ou grec avec les -os, quand je vois des origines aussi simples.

    Une fois de plus, Cicéron prouva que son esprit était aussi obtus que l'angle des pupilles de Jean-Paul Sartre, comme nous pouvons le lire dans la retranscritption de ses dialogues avec Amatus Cesairus Sangabwanus ;

    "Quid est ?
    - Hoc est po'cus.
    - Nihil est a haruspicis rogando. Et non es, niger"

    Ce qui se traduit librement par :

    "C'est quoi ça ?
    - C'est un po'c.
    -Pas besoin d'un magicien. Ce que tu n'es pas
    (je refuse de traduire la suite)"

    Cicéron, tu me déçois.

    "Porc" se traduit par pork en anglais, porco en italien, varken en néerlandais, puerco en espagnol. C'est à vous décourager d'aimer les langues (de porc).

    Le porc est un suidé, famille qui comprend les cochons (sus scrofa domesticus), le sanglier (sus scrofa singularis), le babyrousa ("Bieber osa", en référence à la sortie de Baby, en swahili). Famille redoutée pour ses odeurs corporelles. Ne dit-on pas "suer comme un porc" ? Ah, attendez, mon assistant vient me toucher un mot.

    ...

    Ah, ça fait du bien, une bonne rectification. Maintenant qu'on m'a remis les mots en place, je corrige :

    Le porc est un suidé, famille qui pue, mais pas à cause de la transpiration. D'ailleurs les suidés ne transpirent pas. Ce qui explique pourquoi cet animal est toujours doux au toucher, même en sentant la mort. "Tu transpires comme un porc"  est donc un compliment.

     

    Brhoum. Passons. Je vous propose un autre mot.

     

    Porche : du latin porticus, qui contrairement à une grande partie des mots en -us, était féminin, mais passant en latin populaire au masculin en raison de cette terminaison. Ainsi, le mot "porche" faillit être féminin dans la langue de Molière.

    Transposons-nous dans un univers parallèle dans lequel cette mutation n'a pas eu lieu. Chaque SDF a une porche. C'est magnifique. Léon, clochard depuis des années, passe sous une marronnier (les noms d'arbres étaient aussi féminins tout en terminant pas -us), rejoint sa porche. Tout a l'air d'aller mieux.

    Porticus ne vient pas du grec stoa. Et c'est tant mieux.


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  • Turbe : du latin turba, qui veut dire "foule". A noter que tuba signifie "trompette", et que donc les Africains subissaient une terrible discrimination. Prenons cette discussion entre Marcus Tullius Cicero et Amatus Cesairus Sangabwanus ;

    " Tu'ba sanas vias vult, Ma'ce.
    - Si tuba tua non clare sonat , eam lava."

    "La foule 'éclame des 'outes p'op'es, Ma'cus
    - Si ta trompette est mal embouchée, va la laver."

    Triste illustration d'un refus d'acceptation culturelle, paradoxal pour un peuple qui allait chercher ses dieux un peu partout.

    Au Moyen-Âge, la turbe désigne comme au sens latin une foule, de 10 personnes minimum, et on avait coutume (c'est le mot) d'en composer pour vérifier l'existence d'une coutume. Ainsi, si dix péquenauds affirmaient qu'il était d'usage de ne pas aider son voisin à éteindre l'incendie qui ravage sa maison sous prétexte que de toute façon sa femme était plus belle et ses terres plus grandes, et bien ça devenait presque obligatoire dans le bled. Quelle belle époque.

    Le mot "turbe" se retrouve dans certains mots très connus, comme "turban", ce couvre-chef fait de bandes de tissus. Il était en effet d'usage de fabriquer ce chapeau avec plus de dix bandes de coton pour les frileux, de soie pour les plus riches, ou de gaze pour les grands brûlés. Ce mot vient lui-même de la contraction entre "turbe" et "bande", et il existait même au féminin avant le 17e siècle, on parlait en effet de la "turbande". L'Académie Française exerça la plus odieuse censure sur ce mot après la traduction des Mille et une Nuits, et je vous livre ici le passage qui fit scandale dans le Tout-Paris de l'époque. Bref résumé : Aladdin vient de satisfaire son désir brûlant pour la princesse Jasmine (j'ai volontairement changé le nom pour que ceux qui n'ont fait que regarder la version de Disney ), et celle-ci le regarde remettre son couvre-chef, se demandant s'il s'agit bien de ce nouvel accessoire très à la mode :

    "Turbande ?
    - Mais laisse-moi un peu récupérer, merde."

    Scandaleux.

    Je sais que vous vous demandez si ce mot à un lien avec une pratique longtemps interdite par les parents, professeurs et autres autorités anti-gestes licencieux. Il est de coutume chez les groupes d'hommes d'un certain niveau intellectuel de pratiquer cette fameuse activité logiquement solitaire ensemble. Je pense notamment aux militaires (ou aux scouts, n'essayez pas de nier), qui loin de leurs femmes désirent retrouver des moments de complicité sans avoir trop honte le lendemain. En effet, le mot "masturbation" vient du mot mas, maris, qui signifie "mâle", et du fameux turba. Ce mot fut inventé lors de ces réunions secrètes. Pourquoi seulement à ce moment-là ? Assez évidemment, parce qu'on n'en parlait généralement pas, et qu'en plus on pensait être le seul à le faire. C'était donc dans le contexte de cette foule de mâles que la masturbation reçut ce nom paradoxalement empreint de collectif.

    Scandaleux.


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