• La plaine brûle d'un air serein
    Renaissance en tout temps oubliée
    Fais-moi tomber dans tes bras pliés
    Sens ; je ne pèse presque plus rien

    Je te tiens, fil de soie, découpé
    C'est un jeu de plumes étiolées
    Souvenir, porcelaine violée
    Eclair sur la maison de poupées

    Quel tumulte au-dehors, le tonnerre
    Craque de travers, le monde croît
    Il prend la forme d'une croix
    Deux bras brisés quand je te serre

    Quel sombre masque, et que de soupirs
    Que les ténèbres sont éclatantes
    Glauques et fantastiques amantes
    Aux plumes fatiguées de t'écrire.


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  • Ce n'est rien.
    Ce n'est qu'un froissement du corps et puis de l'âme
    Ce n'est qu'un aller simple au pays de l'infâme
    Ce n'est rien.

    Ce n'est rien.
    Ce n'est qu'un regard froid du monde environnant
    Ce n'est que le mépris pour la proie du dément
    Ce n'est rien.

    Ce n'est rien.
    Ce n'est que la fatigue acculée par la peur
    Ce n'est que l'avenir détruit par un voleur
    Ce n'est rien.

    Ce n'est rien.
    Ce n'est qu'un souvenir qu'une douleur aux côtes
    Ce n'est qu'un paradoxe entre victime et faute
    Ce n'est rien.

    Ce n'est rien qu'un exil du monde du correct
    Ce n'est rien que le vide éternel et abject
    Ce n'est rien qu'une scène à jamais répétée
    Cernée d'indifférence et par l'humanité

    Ce n'est rien qu'un ballet aux danseuses froissées
    Ce n'est rien que l'effroi à jamais d'embrasser
    Ce n'est rien qu'un public sans compassion pour toi
    Dont l'obscène regard mange ton désarroi.


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  • Entremêlées
    Brume et rosée
    Pleurs et suées
    Acidulées

    L'air continue
    Son chant ténu
    Le sommeil nu
    Enfle charnu

    Le corps battu
    Cassé fétu
    Le verras-tu
    Membres obtus

    Dans le brouillard
    J'allais hagard
    Et mon poignard
    Etait un dard

    La nuit voilée
    Le temps brisé
    La pluie tuée
    Acidulée

    Et au village
    Plein de plumages
    C'est un présage
    Pour les vieux sages

    Et dans les villes
    Des vieux fébriles
    Que veulent-ils
    Sombres séniles

    Et dans nos vies
    C'est l'amnésie
    Chaque instant brille
    Par son oubli

    La nuit voilée
    Le temps brisé
    La pluie tuée
    Acidulée.


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  • Ils parlent d'ombres
    Puisque les ombres sont partout
    Elles encombrent
    Le moindre mur le moindre trou

    Il marchent loin
    Pour conquérir les invisibles
    Cherchant un point
    La jonction une et invincible

    Ils font le tri
    De ce qu'ils croient, de leur savoir
    Géométrie
    Et ils retournent dans le noir.


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  • Il devint sous le poids du flash un créateur
    Un petit monde qui germait sous ses cheveux
    Un voile inquiet passait hagard devant ses yeux
    Il devait être fou ce grand démon rêveur

    A coups de règlements il façonnait la terre
    Et la terre à son tour lui imposait sa loi
    Il avait des idées de flèches et de croix
    Un labyrinthe errant en quête de lumière

    Il avait rendez-vous avec d'autres penseurs
    Ils referaient le monde avec leurs conventions
    L'hémicycle assemblé autour d'un vieux tison
    Le temps que le stylo arrive jusqu'au coeur.


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  • Vous qui prenez de vos parents depuis la tombe
    Vous qui nous dévoilez vos belles vérités
    Apocalyptisant : « Monde périclité ! »
    Vous qui cachez vos peurs sous un air de colombe

    Vous qui au moindre vent bringuebalez en trombes
    Vos calicots, vos tracts pour la sécurité
    Vos arguments profonds, vos intuitions butées
    Et comme des pigeons votre torse se bombe

    La bouche en cul de poule et le cœur en amande
    Vous professez l'idée, cette impression meurtrière
    Que les autres amours ne sont pas aussi grandes

    Vous prenez les enfants, otages de vos dires
    Pour l'adulte empêcher. Gardez donc vos prières
    Pour les dames choquées et pour les tristes sires.

    Ecrit à Paris, le 18 novembre 2012.


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  • Un poète se rend au tombeau séculaire
    Novembre se fait gris et humide et glacial
    Un corbeau s'est dressé dessus un mémorial
    Le poète se rend au tombeau de Molière

    L'atmosphère est étrange et soudain fuse en l'air
    Une plume de jais ou bien blanc virginal
    D'un brun clair guilleret ou bien d'un bleu spectral
    Et les oiseaux entre eux font un petit concert

    Le poète s'étonne à la vie incongrue
    Et la gorge serrée il écoute les cimes
    Les notes par milliers qui tombent, tombent drues

    Rêve, poète, rêve à tous ces écrivains
    Rêve donc d'une mort dans la gloire et l'estime
    Rêve donc d'une noble et enviable fin.

    Ecrit à Paris (Méli-Mellow), 17 novembre 2012


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