• J'erre dans la ville. Des dizaines de spectres guettent mes ombres qui s'intensifient et meurent au gré des lampadaires. Je marche sans but précis, sans ami à aller voir, de toute façon il est trop tard, et puis qu'aurais-je à leur dire ? Je marche sans but précis, mais avec la détermination nécessaire pour mettre un boxeur afro-américain de 2m de haut dans les pommes. Je marche sans but précis, je cours même. Les lampadaires deviennent un stroboscope géant, je ne vois mes jambes que de manière saccadée. Cà et là des Estragon et des Vladimir attendent leur Godot, avec un Petit Prince aveugle qui fait la manche en jouant la Lettre à Elise à l'accordéon devant une file de poivrots qui attendent le dernier bus de la nuit. Je marche sans but précis, pas pour l'instant, je sens que je vais le trouver, en attendant je continue d'arpenter les rues ce qu'il faut pour me perdre. Je marche sans but  précis et je quitte le centre-ville, les voitures de minuit ont des airs de faucheuse, et les faucheuses sur mon corps peinent à tisser des toiles que je balaie de la main d'un geste sec et énervé. Je marche sans but précis, je souffle et je crache, j'ai la bouche pâteuse puis sèche.

    Je m'arrête. La nuit est froide et l'odeur du canal s'imprime sur ma peau. Soudain je ressens une profonde lassitude. Des chauves-souris volètent dans les environs, je peux les voir grâce à la lumière diffuse de la ville. L'air sent l'eau et l'essence, et malgré la ville quelques étoiles se laissent voir. Je me laisse tomber doucement sur un banc, et je commencer à pleurer doucement. Pas grand-chose, de quoi vider cette douleur qui me prend à la gorge. Le bois du banc est humide, et les remous de l'eau sous un bateau qui passe ajoutent encore à la fraîcheur de cette nuit. Il faisait orageux hier, et aujourd'hui la nuit est froide et accueillante comme un lit depuis longtemps abandonné.

    C'était une belle nuit pour tuer.


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  • Salée loi, violée, las !


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  • Eh, on a vidé la cale d'Ivanohé !


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  • Imanuel bat à table un ami.


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  • Ave miroir pâle, l'a priori me va.


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  • J'ai encore paumé un carnet. Ca m'énerve. J'ai plein de poèmes dedans. Fouchtre. Peste diable bouffre. D'ailleurs j'attends la réponse de l'éditeur que j'ai contacté y a bien 5 mois. Réponse positive ? Hurray. Réponse négative ? Crotte, je vais faire quoi de la masse deux fois plus importante de poèmes faite depuis ? 

    En fait je suis d'une humeur massacrante, massacreuse, massacrée, un peu tout ça, et comme je suis un produit de ma société je suis persuadé d'avoir une grande richesse en moi, alors je le poste ici, persuadé que vous serez édifiés par cet étron littéraire que voici.

    Mordel de berde.


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  • Voyez-vous, j'aime à dire que j'ai failli jouer Troïlus, dans la pièce de Giraudoux. La guerre de Troie n'aura pas lieu, vous connaissez ? Un personnage mineur d'âge, un rôle mineur, dans une partie mineure de la pièce, le tout en Asie Mineure... Et je n'ai même pas eu le rôle.


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