• ... Et pour ceux qui attendaient du nouveau matériel, ce n'est pas pour aujourd'hui, malheureusement... Mais je voulais remettre en première page quelques morceaux de ma sélection !

    Enjoy !


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    Project Mayhem : Episode 3 (en un acte)

     

    Serait-ce du mauvais esprit que de te dire que ton regard est pareil au regard des statues ? J'en connais qui me blâmeraient de voler ainsi les mots de la plume des poètes, mais qui n'a eu le mot juste avant même que mon grand-père ne balbutie ? Je serais même bienvenu d'avouer mon petit délit d'inspiration, donnant au Prince par la transtextualité un nouveau relief, peut-être moins réussi que l'originelle verve du Royal poète, mais baigné de sa lumière et de son ombre qui rejaillit sur qui aujourd'hui en a la mémoire. Je me perds dans ces considérations, mais je suis pris du désir de te lire et de te relire encore et encore à nouveau, de laisser aller mes doigts et mes yeux sur ta peau et d'en tirer la douce quintessence, qui n'est par un heureux hasard que l'exacte copie du matériau brut que tu présentes à mes yeux. Je n'ai pas à te faire, ni à te modeler, tu es déjà l'œuvre qui se crée devant mes yeux et que je veux parcourir de tout mon œuvre et de tout mon corps.

    Ton regard est pareil au regard des statues, ma Galatée. 

    Photo : Merve Samalp


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  • Bonsoir à tous !

    Vous l'aurez remarqué ; après des mois d'absence, je fais mon retour sur le blog, avec quelques poèmes, et bien d'autres à venir ! Petit bémol cependant : je vais avoir moins de temps à consacrer au blog, étant donné que je cumule job, études (YEAH, troisième année de droit et intention de gérer cette année like a boss), écriture et probablement une reprise des projets musicaux (mais ce n'est pas sûr, ne sortez pas vos boules quiès tout de suite). 

    Merci à ceux qui continuent de visiter mon blog, et bienvenue à ceux qui débarquent !


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  • Sous une pluie d'acidité
    Les nouveautés et les nouvelles
    S'enchaînent à la ritournelle
    Au quotidien, au routinier

    L'abstraction rejoint le charnier
    Et la douleur l'universel
    L'oubli devient notre seul sel
    Et l'abandon notre bouée

    Le monde manque de papier
    Le monde n'est plus à l'échelle
    Et même le superficiel
    S'exaspère en complexité

    Ivresse ! A toi mon seul espoir
    La peur du vide est ton calice
    Pour embrasser cette malice
    Eclaire donc la vue du soir ! 


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  • Sous la cime
    J'étais nimbé du chant des oiseaux
    Sifflotant comme un abîme
    Bordé de lune et de roseau

    Sur ton dos
    J'admirais l'amour qui se dessine
    Je sais que tout était faux
    Ombre mordante et assassine

    Pourquoi 
    Faut-il partir Amour
    Pour faire un tour ?

    Je veux
    Faire un petit détour
    Près de ta cour

    Et m'allonger au coin du feu
    Laisse-moi vivre auprès de toi 

    Sur tes lèvres
    J'ai appris à compter les étoiles
    Mêlant patience et fièvre
    Guettant le ciel que tu me voiles

    Pourquoi
    Faut-il mener Passions
    Sans horizon ?

    Je veux
    M'éloigner pour de bon
    De ta maison 

    Et rêvasser Fragile et vieux
    D'un souvenir qui était toi.


     


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  • Quel merveilleux hasard que ce délicieux cri
    La palme frissonnant au rythme des saisons
    Le nectar de lumière au creux du val tari
    Quel délicieux hasard que cette douce union

    Inlassable poursuite entre feuilles et vent
    Reprenons la chanson du coucher sur l'orage
    Et guettons le tonnerre idyllique et puissant
    L'existence n'est qu'un doux et grave naufrage.


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  • Un autre petit problème auquel se heurtent beaucoup de gens à la lecture de la poésie : comment lire un vers en profitant de sa musique ? Comment séparer les temps du vers, et, lors de la déclamation, où placer les respirations ?

    Conseil unique : les temps

    Un vers se divise en temps : plutôt que de lire le vers d'un trait, il faut marquer des temps. 

    Sur le cadavre de la ville
    Le monstre paît paisiblement
    Il se sustente sans souci
    On n'entend presque pas un bruit

    Dans ces vers d'un de mes poèmes (inédit, comment je me la pète, mouhahaha.) nous sommes face à des octosyllabes qui suivent un schéma 4/4 : on lit ces vers en mettant l'accent tonique sur les quatrième et derniers vers. Cependant, ces vers ne sont pas confortables (ce qui explique pourquoi ce poème est inédit). Pourquoi ? Relisons-les en marquant bien les temps.

    Sur le cada-vre de la ville
    Le monstre paît - paisiblement
    Il se sustent-e sans souci
    On n'entend pres-que pas un bruit

     L'inconfort ici vient du fait que je n'ai pas accordé assez d'importance aux temps : ils arrivent trois fois sur quatre dans le milieu du mot, et la moitié d'octosyllabe qui reste débute alors sur un e muet : à éviter quand on écrit de la poésie ! Prenons d'autres vers, mieux découpés :

    La place était pleine de monde
    Les religieux partout priant
    Et les athées  vides de science
    Vénéraient dans leur ignorance

     Dans ces vers, toujours de moi (décidément, je me lance des fleurs aujourd'hui), les accents tonique arrivent en fin de mots, et les moitiés de vers commencent sur des syllabes "pleines". C'est parfait, l'équilibre du monde est restauré, et l'économie internationale ne s'en porte que mieux.

    On découpe, disais-je, souvent le vers en deux parties égales. Mais en est-il toujours ainsi, bonsangdeboisai-je à mon propre encontre, car je suis très virulent envers moi-même. Non ; les décasyllabes sont classiquement découpés en deux hémistiches (moitié de vers, le mot me revient seulement maintenant, j'a honte) de 4 et 6 syllabes respectivement. De plus, il serait malaisé de séparer un heptasyllabe (7 syllabes) ou un ennéasyllabe (11 syllabes) en deux parts égales...

    La question des alexandrins fait l'objet de plus de subtilité. En effet, composé de 12 syllabes, il est divisible à l'envi, et, en séparant le vers en deux hémistiches égaux, donne ces combinaisons :

    3/3/3/3
    2/4/3/3
    4/2/3/3
    Et ainsi de suite.

    Pourquoi quatre temps, alors que je parle d'hémistiches ? Parce que l'alexandrin est un vers long, et il faut prendre son temps pour le lire. D'où la plus grande division.

    Depuis le XIXe siècle, on peut également diviser l'alexandrin en trois temps de 4 syllabes. On parle alors d'alexandrin ternaire, ou romantique. 

    Je ne m'étendrai cependant pas plus sur le sujet, peut-être que j'y reviendrai plus tard. 

    Résumons :

    Au niveau de la lecture, il est important de prendre son temps, premièrement pour déterminer où placer l'accent dans le vers, deuxièmement pour lire le vers correctement, en ne donnant pas trop d'importance aux syllabes "muettes", sans les ignorer cependant. 
    Au niveau de l'écriture, il faut tenir compte des temps lors de la composition d'un poème, pour le rendre agréable à lire.

    Petite précision : dans la poésie contemporaine, la tendance étant au vers libre, les auteurs sont fort enclins à passer à la ligne plutôt que de mettre es temps précis. La longueur du vers devient alors une expression selon le style de l'auteur (comme le faisait La Fontaine, à la différence que celui-ci utilisait des vers réguliers). 

     

    Oui, j'aime bien taper sur la poésie moderne. 

     

    P.S. Je ne suis pas dans les meilleures conditions d'écriture en ce moment, j'améliorerai sans doute ce petit aide-lecture dans les jours qui viennent.

     


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